Si la majorité des amateurs citent Sancerre et Pouilly-Fumé comme berceaux, la généalogie du sauvignon blanc saute allègrement les frontières. Il semble bien que son origine pointe vers le sud-ouest de la France, et plus précisément le Bordelais, où il forme depuis des siècles l’ossature des grands blancs secs de Graves et d’Entre-deux-Mers, et participe même à l’élaboration des liquoreux historiques tels que Sauternes (en assemblage avec le sémillon).
Au fil des siècles, il s’est émancipé vers la Loire puis a traversé mers et continents. En Nouvelle-Zélande, il a trouvé une terre d’accueil majuscule : sur l’île du Sud, à Marlborough, il couvre aujourd’hui près de 24 000 hectares, soit environ 70% de la surface viticole néo-zélandaise (NZ Winegrowers, 2023). Son expansion, rapide et massive, n’a guère d’équivalent en matière de cépage blanc contemporain.
On le cultive aussi en Afrique du Sud, au Chili, en Californie, en Italie du nord, mais c’est en Loire et en Nouvelle-Zélande qu’il décline avec le plus d’évidence la singularité de ses parfums. À l’opposé, le chardonnay s’est glissé dans des milliers de paysages, au risque parfois de s’uniformiser ; le sauvignon, souvent, résiste, marque différemment chaque parcelle.