La capitale française n’a jamais prétendu produire du vin – sa vigne demeure un vestige folklorique sur les buttes de Montmartre ou au parc Georges Brassens. Mais elle porte, de longue date, l’art de boire et de choisir dans ses veines. Dès les années 1980, alors que le vin nature murmurait à peine son nom dans quelques caves du Beaujolais et du Jura, Paris fut l’un de ses premiers laboratoires d’accueil.
Ici, la quête du vrai, du vivant, de l’intègre, souterraine d’abord, s’est propagée de cave en bistrot, transformant la géographie de la dégustation. Les chefs, sommelier.e.s et cavistes, en quête d’émotions renouvelées, ont remis en cause l’orthodoxie du vin “propre”, stérilisé par des pratiques interventionnistes. Paris est devenue le carrefour de ces expérimentations, attirant producteurs et buveurs curieux, devenant une scène où le vin nature fait vibrer une rare sincérité.
Aujourd’hui, plus que dans tout autre grande ville française, le vin nature s’expose ici, rassemble, interroge. À défaut d’un terroir viticole originel, Paris cultive un terroir d’idées, de goûts, d’amitiés et de découvertes.